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Subventionner les lobbies des communautés religieuses? Des alternatives existent.

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À propos du "Centre suisse Islam et société", Fribourg (Suisse). Il y a peu d'années, la Faculté de théologie, associée à l'évêché et au parti conservateur, régnait sur la société fribourgeoise. C'était l'âge d'or des vraies valeurs: les enfants allaient à la messe en colonne par deux sous la conduite du régent, et les femmes savaient rester à leur place. La société a évolué en prenant ses distances par rapport aux religions. Les citoyens ne militent plus tous pour une vérité religieuse. Nous avons enfin commencé à suivre le message apporté par le siècle des Lumières. Mais les croyants persistent: pour résoudre les problèmes de la société, il faut que l'État renforce le rôle des communautés religieuses: une Faculté de théologie plus forte, plus d'idéologues religieux, plus d'imams, et ainsi de suite. Le danger: des jeunes se radicalisent sur internet. Le remède: créer, au sein de la Faculté de théologie catholique, un «Centre suisse Islam et so

L'autorité : la parabole du pacte magique

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Comment asseoir le pouvoir et l'autorité sur des bases inébranlables? La parabole suivante explique comment y parvenir. Une décision sans certitude Un de nos lointains aïeux, le chef d'un clan de chasseurs-cueilleurs, réfléchit au lendemain. Pour que les siens aient à manger, il lui faut entreprendre un action efficace. Que faire? Aller chasser dans la plaine de l'ouest? Aller pêcher dans la rivière du sud? Aller à la cueillette dans la forêt du nord? Il n'a, quel que soit son choix, aucune garantie de résultat. Il ne peut se baser sur aucune certitude, mais il est contraint de prendre une décision. Celle-ci est éclairée par la raison puisque chaque option a une bonne chance de lui être profitable. Son expérience va l'aider à faire, si ce n'est «le bon» choix, du moins un choix sensé et défendable devant son clan. Le pacte magique Il sait aussi qu'il prend un risque inévitable dont la responsabilité est lourde à porter. S'il rentre bredouille, son autori

Écologie et judéo-christianisme

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« Emplissez la terre et soumettez-la », et autres conseils bibliques. La conscience écologique pourra progresser dès que l'homme aura vraiment compris et admis que la nature n'est pas limitée à notre environnement, mais que nous en sommes une partie intégrante. L'humanité est une partie consciente de l'univers. Donner un avenir à l'humanité sur terre Nous avons un problème: la pollution des eaux, la pollution des sols, le manque d'eau potable, le manque d'eau pour l'irrigation, la déforestation, l’appauvrissement des sols, le proche épuisement des ressources non renouvelables comme le charbon, le pétrole et les métaux, l'augmentation du CO2, le réchauffement climatique, l'extinction d'espèces animales, etc. Nous ne pouvons pas être fiers des traces que nous laissons: des particules de plastique et des produits chimiques se retrouvent partout, dans les océans, sur les terres et dans l'air. Afin que l'avenir paraisse moins sombre, des p

Quelques manquements de l'Église catholique à la morale laïque

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L'Église combat vigoureusement le relativisme, thèse selon laquelle toutes les religions se valent. Pour ce faire, elle aurait dû, en tant qu'institution, se montrer supérieure aux autres religions. Malheureusement, il n'en a rien été. Nous verrons que l'Église n'a jamais respecté les droits humains, ni dans le passé, ni aujourd'hui. On dit que l'histoire est écrite par les vainqueurs. Je dirais plutôt qu'elle est réécrite par chaque puissance à destination des populations soumises à son influence. Le rôle de l'Église a souvent été présenté avec une bienveillance partisane. Les croyants, généralement peu curieux, sont d'un tel parti-pris qu'ils sont prêts à excuser toutes les turpitudes. Toutes les religions sont exposées aux dérapages car, plutôt que de cultiver la modération, elles incitent à en faire toujours plus, dans une surenchère sans fin, et développent une propension à l'hégémonie. Dieu lui-même ne peut pas modifier le passé; ma

Résister à l'enseignement de l'Église: droits de l'Homme, morale, culture laïque

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En Europe occidentale, nous observons que les religions séculaires s'effritent tandis que d'autres s'infiltrent. Assurément, nous sommes loin d'en avoir fini avec les zélateurs de la Vraie Foi Révélée qui présente la bizarrerie d'être plurielle. Il s'en dégage l'image d'un Dieu qui se cache, délivre des messages contradictoires et présente un trouble dissociatif de l'identité. La diversité des croyances révèle qu'elles sont des constructions culturelles dépourvues de fondements objectifs. Il n'est pas raisonnable d'obéir aux propagandistes d'un Dieu si mal défini. Pourquoi l'homme s'accroche-t-il à des croyances dites sur l'au-delà, mais qui sont en fait au-delà de toute vraisemblance? La réponse est - ô révélation - à situer entre nos deux oreilles, c'est-à-dire dans notre cerveau. Se contenter d'arguments d'autorité est une capitulation de l'esprit. Les religions œuvrent à dramatiser l'existence : l’œ

L’État doit-il privilégier une religion ?

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 Plantons le décor et mettons en perspective: les crucifix sont accrochés dans les salles de classe et le Conseil d'État occupe une place officielle dans la procession de la Fête-Dieu. Les entreprises sont soumises à un impôt ecclésiastique, et tous les contribuables participent au financement, par le biais des impôts ordinaires, de la faculté de théologie catholique romaine. L'État de Fribourg (Suisse) considère-t-il que les agnostiques et les indifférents à la religion sont des brebis égarées qu'il doit, si possible, ramener dans le bon troupeau ? Quand les chrétiens proclament leur espérance que le siècle à venir redeviendra religieux, espèrent-ils relancer l'endoctrinement ? De même qu'il existe une raison d'état, peut-on invoquer une raison d'Église qui l'emporte sur le respect des personnes ? Vivons-nous dans un état crypto-confessionnel, c'est-à-dire non confessionnel dans ses déclarations et son apparence, mais confessionnel dans son intérieu

Le cléricalisme à la mode de Fribourg (Suisse)

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 En 1978, quand j'ai été engagé comme professeur dans un collège du canton de Fribourg, il était impératif d'avoir une confession agréée, même pour enseigner les mathématiques. Comme j'avais volontairement omis la rubrique religion de mon curriculum vitae, le directeur d'établissement a exigé que je la rajoute. En 1980, soupçonné d'entretenir des rapports avec une secte, un collègue professeur de français a été licencié. L'État s'occupait de la vie privée des enseignants afin de s'assurer de leur conformité idéologique. Un trait caractéristique de l'intolérance consiste à diaboliser celui qui ne partage pas les pseudo-vérités de la communauté. Dans ce contexte, j'ai dû cacher mon athéisme. C'est ainsi que j'ai été privé de liberté religieuse durant de nombreuses années. La situation n'ayant évolué que lentement, je n'ai jamais su à quel moment j'ai recouvré ma liberté de croyance. Le cléricalisme s'est atténué, mais il de

Le cléricalisme, plus jamais ça!

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 Dans le canton du Valais (Suisse), le catholicisme fut religion d’État jusqu'en 1973, ce qui me valut de passer toute mon enfance et ma jeunesse dans une société profondément cléricale. Le présent texte a pour but d'expliquer, dans un cas particulier, le fonctionnement intime du cléricalisme, vu de l'intérieur par l'adolescent que j'étais. L'école primaire (1955 – 1960, Fully) Les garçons et les filles étaient séparés dans deux bâtiments distincts. Quoique l'école fut publique et obligatoire, la journée type commençait par la récitation du catéchisme. Le livre, constitué de questions-réponses, devait être récité par cœur. Arrivés à la fin du livre, nous recommencions au début, et ainsi de suite pendant toute la durée de l'école primaire. Le dimanche, les écoliers avaient rendez-vous devant l'école afin de se rendre à la messe, en colonne par deux, sous la conduite du « régent » (nom régional donné à l'instituteur). Les présences étaient contrôlé